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Béatrice ANDRIEUX
Directrice artistique | curatrice |critique d'art

biographie


Vit à : Colombes , France

Béatrice Andrieux, titulaire d’un DEA en Esthétique sur les artistes du Land Art et leurs pratiques de la photographie comme documents d’archives à l’université Paris 1 Panthéon Sorbonne, est commissaire indépendante et critique d’art.
Elle développe depuis une quinzaine d’années une pratique critique contribuant à différents supports de presse artistiques. Depuis quelques années, cette pratique d’écriture s’est prolongée par une pratique curatoriale dans les champs de la photographie et de l’image contemporaine.
Sa formation et son parcours lui permette de mettre en perspective l’histoire de la photographie et l’actualité de ce médium au travers de projets d’expositions prospectifs, à la fois attentifs à la scène française et mettant en lumière des artistes de différentes scènes artistiques notamment sud-américaine. Elle a d’ailleurs présenté le travail Miguel Rothschild d’octobre 2019 à janvier 2020 à la Maison de l’Amérique Latine à Paris.
Directrice d’un Festival en Suisse en 2015, elle a invité Georges Rousse à réaliser une œuvre in situ et l’artiste anglo-portugais Edgar Martins à utiliser les espaces du Château de Gruyères. Elle a été commissaire invitée aux Rencontres d’Arles en 2017 pour l’exposition collective « Levitt France, une utopie pavillonnaire ». Plus récemment au CRP/ Hauts de France en juin 2019, elle a été invitée comme commissaire pour un projet autour de sa collection intitulé « Inédits ». Elle a organisé une exposition personnelle consacrée aux polaroids de Corinne Mercadier en 2020. En 2021, elle a présenté la dernière série de Yann Delacour. Elle a participé à promouvoir le travail de Jean-Michel André exposé à l’espace Croisières Actes Sud lors des Rencontres d’Arles 2021.
Les passerelles qu’elle a dressées au travers de ses projets entre la sphère privée des galeries et celle des institutions, notamment aux Etats-Unis avec la foire Aipad, viennent nourrir ses différents projets.
Elle a co-écrit avec Quentin Bajac et Michel Richard, « Lucien Hervé/Le Corbusier Contacts » publié au Seuil en 2011.
Elle collabore depuis 2016 au magazine Ideat et au Quotidien de l’Art.

Expositions


2021

Jeux de mains
Photographies de Yann Delacour
Commissariat Béatrice Andrieux

Le travail de Yann Delacour aborde la notion de corps et de variation. A partir d’un dispositif très précis, à base de miroirs et de gants en latex, Yann Delacour compose des images d’où émergent des formes hybrides et des paysages. Sur le principe inversé de l’ombromanie, les tirages réalisés selon un protocole clairement identifié, jouent des possibilités de la plasticité des mains et des doigts pour développer des jeux de perception, de transformation où les références à la théâtralité, à la prestidigitation et la sculpture sont présentes. La série « Variation I » constituée d’alternance entre images unitaires et superposées renforce la dimension performative de la séquence dans lesquelles mains et gants viennent perturber la lisibilité des formes. Dans « Variation II », les mains gantées du photographe, placées sur la tranche d’un miroir composent une scène. Les installations parfaitement visibles permettent de découvrir l’objet de l’illusion d’où jaillit des corps hybrides et des paysages. Le grand format en couleur « Finger Print » composé d’un pétale de fleur posé sur un doigt, ne cache rien de la règle du jeu. Photographie manifeste sur le lien fusionnel entre le corps humain et le corps végétal, l’image illustre le passage de l’information de l’empreinte du doigt à celui du pétale. Yann Delacour questionne notre rapport au monde, notre relation à notre propre corps et à nos origines, à un double paysage qui se recompose et se redéfinit dans un mouvement permanent.

2019/2020

The Spectre, Miguel Rothschild. Maison de l’Amérique Latine, Paris

Entretien Béatrice Andrieux – Miguel Rothschild
Paris- Berlin, juillet 2019

1/ La question de l’image trouée, brûlée, perforée est centrale dans votre pratique artistique depuis vos débuts. Quelles interprétations donnez-vous à cette approche de la transformation du médium?

Par la transformation du medium, je m’intéresse principalement à la question de la lecture de l’image. Je propose une deuxième lecture pour en changer la vision. Dans le cas précis de ce nouveau travail, j’ai été fasciné par les formes engendrées par la fumée d’un feu de forêt dans la campagne de Grenade. Je les percevais de manière si intensément qu’elles me faisaient penser à des esprits, comme sortis de l’intérieur du paysage. Cette impression dégageait un mystère qui me fascinait. En intitulant l’exposition “Le Spectre”, je renforce cette autre manière de regarder la photographie. Je brûle une partie de mes tirages en suivant les formes que suggère la nature, en maintenant seulement la fumée intacte à laquelle je donne une présence plus importante et plastique. Avec les brûlures, je réalise des ombres avec des formes irrégulières et inquiétantes qui évoquent le même feu de manière fortuite tout en renforçant cette vision. Je suis particulièrement intéressé à jouer avec l’idée de quelque chose d’absurde que l’on pourrait lire dans la fumée de la photographie.

Dans une précédente série, j’ai percé mes photographies à l’aide d’une perforeuse. Les éléments obtenus ont été ajoutés dans le cadre comme confettis créant un double-jeu entre le tragique et le festif. J’ai aussi travaillé avec des avançons, des vitres cassées, des épingles sur des photographies. Jamais le choix du matériel utilisé n’est fortuit. Chacun de ces matériaux a des contenus et des références spécifiques qui, en les intégrant dans mes photographies ouvrent de nouvelles lectures possibles.

2/ Au départ de votre pratique, la performance était très présente dans vos créations. Puis elle a évolué vers une approche transdisciplinaire où se mêle sculpture, installation et où la photographie tient une place importante. Comment expliquez-vous cette direction?

J’ai toujours travaillé de manière interdisciplinaire. L’utilisation de la photographie est apparue comme un moyen mais jamais comme une fin. Je ne me suis jamais défini comme photographe. J’ai commencé à utiliser la photographie comme un outil qui me permet de jouer avec des images de la réalité pour les transformer. Mais dans mes expositions, j’ai coutume de créer des dialogues entre les œuvres qui sont sur les murs et les objets qui sont dans l’espace (ces objets sont réalisés parfois à partir de photographies et d’autres non). Je pense que ce dialogue donne du dynamisme à l’exposition. Je ne suis pas intéressé par le medium, que je peux toujours changer, mais par ce que je peux exprimer à travers lui. C’est ce qui définit mon travail.

3/ Dans le contexte particulier d’une carte blanche au sein de la Maison de l’Amérique latine, comment avez-vous appréhendé le lieu?

Pour la Maison de l’Amérique latine, j’ai pensé à une série d’oeuvres qui, à mon avis, peuvent être reliées au courant du réalisme magique, caractéristique selon moi d‘une grande partie de la littérature latino-américaine. Associer la réalité, symboliser par la fumée, à des esprits, des spectres de la nature, c’est la doter d’une certaine religiosité magique qui m‘interpelle. En cela, je relie mon projet de la Maison de l’Amérique latine à l’histoire de ce courant littéraire sud-américain.
L’espace presque carré de la salle invite à exposer un concept concret, fermé. C’est pourquoi, je présente un ensemble d’oeuvres qui montrent différentes approches autour d’un même thème central. En les faisant dialoguer entre elles pour créer un mystère, je poursuis ma recherche sur le double jeu, la double lecture dans ma pratique.
Ce qui m’intéresse, c’est la possibilité de voir la réalité avec un autre regard en y incorporant un mystère, une spiritualité.

2019

Inédit(s) CRP/ Douchy-les-Mines

L’exposition Inédit(s) présente un ensemble de photographies de la collection du CRP/. Rassemblant neuf artistes venant de différents pays (Belgique, Canada, Etats-Unis, France, Grèce, Irlande), elle raconte une histoire composite aux expressions variées. A partir des 9000 tirages de la collection un choix s’est opéré sur des tirages inédits n’ayant jamais été exposés au CRP/.
Par la diversité des styles et des techniques utilisées, Inédit(s) met en lumière des fragments retrouvés qui par-delà les années retracent une histoire de la photographie depuis la création du CRP/.

NOTICES DES ARTISTES:
BIOGRAPHIES

ROBERT BOURDEAU
Autodidacte, le photographe canadien, Robert Bourdeau étudie l’histoire de l’art à l’université Queen de Kingston puis l’architecture à Toronto. Il débute la photographie en 1959 après sa rencontre avec l’américain Minor White (1908-1976) qui l’initie à une approche métaphorique de la photographie. Paysages, architecture et natures mortes illustrent sa pratique en noir et blanc essentiellement, depuis plus de 40 ans. Il a réalisé des images sur des sites industriels abandonnés dans le Nord et l’Est de la France. Ses œuvres sont présentes dans les grandes collections au Canada et aux Etats-Unis dont le Musée des Beaux-Arts du Canda, le Centre Canadien d’Architecture, l’Art Institute de Chicago ou le Musée des Beaux-Arts de Boston.

Né en 1931, il vit et travaille à Kingston (Ontario)

FREDERIC CORNU
En privilégiant une démarche systématique à la manière de l’Ecole de Düsseldorf, Frédéric Cornu dirige son travail sur les groupes humains depuis plusieurs décennies. Photographe engagé dans une réflexion sur la signification du portrait photographique, il revendique l’utilisation de la frontalité et de l’éclairage neutre qui caractérisent sa pratique en noir et blanc principalement depuis plus de 30 ans. La question du territoire nordiste et de ses habitants reste centrale pour lui.

Né en 1959, il vit et travaille à Lille

ARIS GEORGIOU
Aris Georgiou a obtenu son diplôme d’architecte à Montpellier à la fin des années 70. De retour en Grèce, il sera traducteur et producteur d’une émission sur l’art avant de se consacrer à la photographie avec une approche en lien avec l’architecture. Au fil des années, il deviendra un acteur influent dans le développement de la photographie en Grèce. C’est à lui que l’on doit la création du Festival International de Photographie de Thessalonique en 1988 « Photosynkyria » qui deviendra par la suite la biennale de la photographie de Thessalonique. C’est principalement grâce à sa collection, créé en 1987 avec deux autres photographes, que Aris Georgiou fonde le Musée de la photographie de Thessalonique dont il sera directeur de 1998 à 2002.

Né en 1951, il vit et travaille à Thessalonique

MARC GIBERT / Workshop de John Batho
Marc Gibert débute la photographie au début des années 80. En 1988, il rejoint le collectif de photographes le bar Floréal qu’il quitte en 2011. Depuis 2011, il mène des travaux personnels comme le projet « Au bord de l’eau, canaux parisiens » exposé au Parc de la Villette. Sa pratique de la couleur reste toujours en lien avec la ville et sa périphérie avec un intérêt pour les mutations urbaines. Il est lauréat du Prix Paysages européens de la Fondation EDF en 1992. Ses œuvres sont présentes dans plusieurs collections publiques : BNF, Fondation EDF, musée MIFAV(Rome), Fonds Départemental d’Art Contemporain de la Seine-Saint-Denis.
Né en 1951 il vit et travaille à Paris.

ANTHONY HAUHGHEY
Photographies, vidéos, installations d’images et travails sonore illustrent la pratique d’Anthony Haughey depuis le début des années 90. Il s’attache principalement à rendre visible les traces mémorielles lors de conflits. Son travail de vidéaste et de photographe est axé sur le terrain social et politique pour évoquer le conflit en ex -Yougoslavie notamment. Parallèlement à sa pratique d’artiste, Anthony Haughey enseigne au Dublin Institute of Technology depuis plus de vingt ans. Son travail a été exposé au CNP en 1996 et aux Rencontres d’Arles en 1998.

Né en 1963, il vit et travaille à Dublin.

CHRISTIAN MEYNEN
Christian Meynen s’intéresse principalement à l’architecture et l’urbanisme et leurs transformations. Entre 1983 et 1996, il réalise des photographies de différentes stations balnéaires du littoral belge. Son approche sobre des cités côtières révèle un style photographique maîtrisé à la frontière entre art et document. Ses tirages en noir et blanc, vides de tout présence humaine, constituent de véritables paysages urbains. Depuis ses débuts en 1978, il a effectué de nombreux travaux de commande avec les Archives de Wallonie et le Musée de la Photographie de Charleroi ou avec l’Espace Photographique Contretype.

Né en 1954, il vit et travaille à Bruxelles

LOUISE OLIGNY
Après des études en communication à l’Université du Québec à Montréal, Louise Oligny expose à la galerie Dazibao de Montréal puis en 1992 à la Bourse du Travail d’Arles. Installée depuis plus de 20 ans en France, elle a beaucoup travaillé pour la presse dont l’Express, Libération, Télérama et le Monde Magazine. Ces nombreux projets convoquent photographies, vidéos et compositions de l’intime. Depuis plusieurs années, elle a entrepris un travail personnel qui s’articule principalement autour de la dimension sociale avec notamment une série sur les femmes en prison.

Née en 1963 au Québec, elle vit et travaille à Paris.

MARY-ANN PARKINSON
Diplômée de l’Ecole Nationale Supérieure des Arts Décoratifs de Paris en 1973, en section sculpture, Mary-Ann Parkinson a fait des études de littérature comparative aux Etats-Unis. Avant de se consacrer à la photographie au début des années 80, elle suivra un stage de cinéma en Californie en 1976 et travaillera dans une troupe de recherche théâtrale. Sa pratique de la photographie essentiellement en noir et blanc reflètera son intérêt pour les ambiances cinématographiques et les approches narratives. Elle a exposé à la Galerie Vrais Rêves de Lyon au milieu des années 80.

Née en 1953 aux Etats-Unis, elle vit et travaille à Paris.

PHILIPPE TIMMERMANN
Autodidacte, Philippe Timmermann a commencé la pratique de la photographie dans les années 80 alors qu’il était ingénieur à l’Université de Lille. Si le traitement de ses premiers travaux en noir et blanc s’inscrivait dans une approche objective de la photographie à la manière des Becher, il a évolué depuis vers une pratique de la photographie en couleur moins référencée. Nus flous et paysages illustrent son travail récent avec une même maîtrise de la technique.
Né en 1948, il vit et travaille à Lille

2018

AIPAD, New York (USA)
Développement de la ligne artistique, du programme des conférences et du réseau des galeries et éditeurs. Recherche de partenaire en lien avec le Comité de la foire. Suivi et valorisation des outils de communication web et print.

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