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Défendre son travail contre la gratuité

informations pratiques

Dans nos professions, la dévotion est encore trop souvent instrumentalisée pour légitimer des conditions d’exercice dégradées. Aimer son travail ne doit pourtant jamais se faire au détriment de ses droits. Pour sortir de ce schéma, des fondamentaux s’imposent : un contrat clair et protecteur, une rémunération juste, des moyens d’action adaptés.

Mais que faire face à une opportunité stimulante mais non rémunérée ? Comment arbitrer sans dévaluer sa pratique ?
C-E-A vous accompagne pour analyser la proposition, prendre la meilleure décision pour votre parcours et sécuriser votre activité.

 

UNE OPPORTUNITÉ POUR GAGNER EN EXPÉRIENCE ?

En tant que commissaire d’exposition indépendant·e ou jeune commissaire, nous sommes souvent confronté·es à des propositions de travail gratuit en échange de visibilité.
Le travail gratuit est devenu une réalité de terrain et de marché, présentée comme une condition d’entrée dans le secteur ou pour gagner en visibilité.

Mais de quelle visibilité parle-t-on vraiment ? Quelles en sont les conditions ? Cette visibilité est-elle concrète, mesurable, porteuse d’effets réels sur le long terme ?
Trop souvent, on nous fait croire que ce “travail de l’espoir” est la seule voie possible.
Plutôt que d’accepter ces conditions, il est possible de choisir un échange de ressources clairement défini (mise en avant du travail dans la communication, valorisation dans les supports, etc.).

 

QUELQUES RECOMMANDATIONS
  • Réaliser une facture avec le prix officiel et une remise pour arriver à zéro, afin de montrer la valeur du travail effectué et que le “gratuit” ne devienne ni normal, ni répétitif.
  • Formaliser un contrat de partenariat qui encadre juridiquement la collaboration, même si elle est financièrement gratuite, pour que les accords et les échanges y figurent clairement. Prévoir un bilan à l’issue de la collaboration (ex. envoi d’une revue de presse dédiée, statistiques d’audience, présentation à des décisionnaires du secteur) pour vérifier concrètement si les contreparties ont été tenues.
  • Négocier la prise en charge intégrale des frais et des contreparties en ressources : Même en l’absence d’honoraires, exiger le remboursement à 100 % des frais réels (déplacements, hébergement, repas) et négocier l’accès à des moyens matériels utiles pour votre activité (mise à disposition d’espaces de travail, prêt de matériel technique, prise en charge d’impression de catalogue, etc.).
  • Plafonner le temps investi et définir un périmètre strict : Limiter l’intervention à un volume d’heures précis et à un livrable unique (ex. la rédaction d’un texte d’exposition court et sans retouche), en excluant explicitement la régie, la coordination logistique ou la médiation, afin d’éviter tout glissement de tâche.
  • Verrouiller la propriété intellectuelle et le droit de nom : Intégrer une clause garantissant la mention systématique de votre nom sur tous les supports de communication (cartels, dossier de presse, réseaux sociaux) et la conservation de l’intégralité de vos droits d’auteur sur vos écrits et concepts d’exposition.
  • Si vous fournissez un texte ou un concept d’exposition sans compensation financière, restreignez l’autorisation d’exploitation à la stricte durée de l’événement et à un périmètre géographique précis, empêchant la réutilisation ultérieure de vos contenus.
  • Stipuler dans le contrat de partenariat que si le projet obtient ultérieurement une subvention, un sponsoring ou un budget complémentaire, le paiement de vos honoraires devient la priorité d’affectation de ces nouveaux fonds.
  • En cas de refus, expliquer pourquoi le travail gratuit fragilise l’ensemble de la profession, et joindre systématiquement les barèmes ou grilles tarifaires de référence (comme la calculatrice de rémunération de C-E-A) pour sensibiliser la structure.
QUELQUES QUESTIONS D’APPUI

Avant d’accepter ou de décliner une opportunité, quelques questions à se poser :

  • Les conditions sont-elles claires et équilibrées ?
  • La visibilité est-elle concrète et/ou mesurable ?
  • Quels seront les bénéfices sur le long terme ?