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Jeanne MERCIER
Commissaire d'exposition indépendante

biographie


Occitanie

Jeanne Mercier est commissaire d’expositions et directrice de projet depuis 2005. Après avoir vécu et travaillé à Bamako, Rabat, Lisbonne et Marseille, son parcours l’a amenée à s’installer à Sète en 2025. En 2006, elle a co-fondé Afrique in visu, première plateforme web dédiée au métier de photographe en Afrique, véritable ressource en ligne avec, à ce jour, 1200 interviews de photographes ou acteurs du secteur qui témoignent de leurs pratiques et des évolutions de leurs métiers. Pendant vingt ans, à travers ce projet, elle a conçu des expositions, workshops, projets collectifs transversaux et éditions. Depuis 2018, à travers des commissariats menés seule ou en collectif, elle s’attache aux nouvelles pratiques des arts visuels : image, vidéo, photographie, peinture, installation immersive et nouveaux médias. Ses projets s’intéressent particulièrement aux œuvres qui véhiculent des contre-récits, entremêlent histoire, identité, généalogies personnelles et créent de nouveaux imaginaires sur différents sujets tels que le récit collectif, le sacré, les croyances, la géographie, le voyage ou le paysage. Elle a collaboré avec de nombreux festivals et institutions en France comme à l’étranger : l’ENSAD Paris, le 18 à Marrakech, l’Institut des Cultures d’Islam (ICI) à Paris, le Fotofestiwal à Lodz, la Fondation Zinsou à Cotonou, le Festival Kerkennah en Tunisie, le MACAAL à Marrakech… ou différentes ouvrages, comme récemment, Une Histoire Mondiale des Femmes Photographes (Ed. Textuel, 2020). Son dernier projet : Le festival Paysages Mouvants au Jeu de Paume, à Paris en 2025, s’attachaient encore davantage et de manière très sensible (et pratique) à la question de l’accessibilité et de l’inclusivité de tous les publics et aux pratiques transversales allant de l’exposition à la performance. De juin 2026 à novembre 2026, elle est la commissaire de la monographie « La nuit américaine » de l’artiste Laila Hida au Chateau de Tours.

Expositions


18/06/2026

La nuit américaine
Exposition monographique et publication
Du 18 juin au 8 novembre 2026 au Chateau de Tours, Jeu de Paume.
Artiste : Laila Hida
L’exposition personnelle de Laila Hida (née en 1983 à Casablanca) au Chateau de Tours–«
La nuit américaine » nourries d’un flux d’images ininterrompu et des nombreux séjours de l’artiste, depuis 2016, dans l’oasis de Tighmert, aux portes du Sahara – interrogent aussi bien la construction d’une esthétique exotique et d’une identité touristique, que les savoirs produits et
diffusés depuis la période coloniale. Laila Hida mène une investigation sur le palmier-dattier
Phoenix dactylifera.
Elle développe un travail dans lequel s’articulent différentes pratiques de l’image, mêlant dans ses installations ses propres photographies à des fragments d’archives diverses. Qu’ils soient personnels ou collaboratifs, ses projets n’ont de cesse de questionner des usages et le pouvoir
fictionnel des images dans la fabrication des mythes sur l’Orient.
On y distingue différentes strates de récits historiques, de mythes collectifs, depuis la littérature de voyage du xıxe siècle, la peinture,la photographie et le cinéma jusqu’à l’imagerie touristique, l’architecture, le design paysager et l’embellissement urbain.
Au Jeu de Paume Tours, Laila Hida conçoit une nouvelle étape, « La Nuit américaine ».
Pour la première fois dans ce projet au long cours, elle s’intéresse aux outils mêmes de la
fabrication de mythes sur l’Orient, qu’elle dissèque et expose. Le cinéma occupe une place centrale, celle de la matrice. La nuit américaine, procédé technique consistant à transformer artificiellement le jour en nuit, devient une métaphore opératoire : celle d’un monde rendu lisible et crédible par l’artifice. Construite de manière à produire des environnements qui font
dialoguer le réel et sa reproduction, l’exposition donne à voir des objets-images et des imagesobjets sortis de leur contexte, déplacés, reconfigurés, alors que le fantasme exotique plaqué sur ces formes semble indélébile. Leur présence invite à sonder les circuits de transmission du désir : comment ces fragments deviennent-ils attrayants, et pour qui ? Ils témoignent de la volonté persistante de s’approprier un ailleurs, d’en conserver une trace, tout en le maintenant à
distance.