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WHAT DO CURATORS CARE FOR?

UNE PROPOSITION D’ARLÈNE BERCELIOT-COURTIN, KARIN SCHLAGETER ET FRANCESCA ZAPPIA POUR SIX YEARS.

Cette nouvelle programmation explore les liens entre care, curating et technologie. Elle inclut un workshop en ligne avec l’artiste Ailie Rutherford, la présentation du projet à Art-O-Rama Marseille 2022, un research board, une reading list, et une TV channel.

 

Le curating fait l’objet d’une redéfinition épistémologique situant son action auctoriale à l’intersection entre l’espace, le théorique et le visuel. De sorte que sa pratique se produit en relation avec des œuvres d’art, mais aussi sans elles : organisation d’une table ronde, valorisation d‘une archive, visibilisation d’une situation sociale, animation d’un site Internet… Ainsi le curating devient un acte de production de sens et de connaissances.

De la même façon que les stratégies de dématérialisation de l’œuvre d’art expérimentées par l’Art Conceptuel n’ont pu totalement contourner la question de sa marchandisation, les enjeux liés au numérique reposent avec vitalité la question de la valorisation économique, autant que symbolique, des savoirs.

La nouvelle édition de SIX YEARS établit comme sujet de réflexion la question : WHAT DO CURATORS CARE FOR? et s’inscrit dans la lignée d’une recherche critique portant sur les pratiques et principes de l’éthique du “care” comprise comme : « Activité caractéristique de l’espèce humaine, qui recouvre tout ce que nous faisons dans le but de maintenir, de perpétuer et de réparer notre monde, afin que nous puissions y vivre aussi bien que possible. Ce monde comprend nos corps, nos personnes et notre environnement, tout ce que nous cherchons à relier en un réseau complexe en soutien à la vie » (Joan Tronto, Un monde vulnérable: pour une politique du care, 2009).

Le “care” comme pratique de “soin” ou “soin mutuel” propose de concevoir le choix éthique comme un système d’inter-relations, d’empathies, de responsabilités mutuelles et de communications. Comme le souligne Claire Bishop (Digital Divide, 2012), depuis l’apparition du Web 2.0 en 2002, l’art, et notamment l’art engagé, s’approprie “un langage de plateformes, de collaborations, de spectateurs activés et de « prosommateurs » [= consommateur·rice·s éclairé·e·s] qui coproduisent du contenu (plutôt que de consommer passivement des informations conçues pour eux).”

WHAT DO CURATORS CARE FOR souhaite explorer la pratique du “care” comme outil d’analyse ou de provocation. Comment appréhender l’éthique du “care”, qui partage son étymologie avec le “curating”, à travers les potentialités interrelationnelles du numérique ?

Arlène Berceliot-Courtin, Karin Schlageter et Francesca Zappia

 

 


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